INTERCONNEXION DES SYSTEMES DE VIDEOSURVEILLANCE
Vidéosurveillance: le gouvernement veut rendre les images des caméras privées plus facilement accessibles aux policiersLe gouvernement veut que les policiers puissent avoir accès aux images filmées par les caméras de vidéosurveillance privées. "Des crédits très importants" vont être consacrés à "l'interconnexion" des différents systèmes, a annoncé jeudi Michèle Alliot-Marie. La ministre de l'Intérieur souhaite qu'"à l'automne prochain, nous puissions avoir un dispositif harmonisé et complet".
Plus de 300.000 caméras scrutent actuellement les Français, celles des forces de l'ordre et des transports publics, mais aussi celles installées dans les magasins ou devant les lieux de culte -après autorisation préfectorale.
Après les attentats et tentatives d'attentats en Grande-Bretagne, et en raison des "risques encourus" en France, Michèle Alliot-Marie juge "indispensable de développer la vidéosurveillance". Elle a "l'intention d'y consacrer des crédits très importants dans la future LOPSI" (Loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure).
La ministre a réuni jeudi matin place Beauvau des représentants des collectivités, des entreprises de transport, de la grande distribution et des services de police. Elle a prôné "une meilleure mise en réseau" des divers systèmes d'enregistrement. "C'est en ayant une possibilité d'interconnexion des images et de la surveillance que nous pouvons couvrir le plus large territoire possible", a noté MAM.
La loi du 23 janvier 2006 relative à la lutte contre le terrorisme permet déjà à des policiers et à des gendarmes "dûment habilités" d'être "destinataires des images et enregistrements" des caméras privées. Les images en question sont conservées au maximum un mois, sauf si une procédure pénale a été ouverte.
Cette même loi prévoit que "les systèmes de vidéosurveillance installés doivent être conformes à des normes techniques définies par arrêté ministériel". Ces normes seront exigeantes car le gouvernement veut améliorer la qualité des images. "Pour être efficace, il faut que l'on puisse reconnaître les personnes", a relevé la ministre.
"Il ne s'agit pas de faire Big Brother", a-t-il assuré. Interrogés sur les risques pour les libertés individuelles, le secrétaire d'Etat et la ministre se sont contentés de renvoyer les journalistes à la loi du 23 janvier 2006.
Or, dans un avis rendu avant l'adoption définitive du texte, la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) avait demandé des garanties. En février 2006, elle estimait n'avoir été que partiellement entendue. Elle regrettait notamment que n'ait pas été prise en compte sa réserve sur la "prise systématique de photographie des occupants des véhicules empruntant certains axes de circulation".
Une soixantaine de sénateurs socialistes avaient saisi le Conseil constitutionnel sur cette mesure. Mais les Sages avaient jugé cette disposition conforme à la Constitution.
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